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Exposition

YOANN VAN PARYS - Support Act : La Clé des Champs

Jeudi
20
fév 2020
Dimanche
29
mar 2020
  • Galerie
EXPO : PLEIN TARIF 3
EXPO : BOTACARTE 2
EXPO : COMBINE MUSEUM + GALERIE 7.5
EXPO : COMBINE MUSEUM + GALERIE BOTACARTE 5.5

CETTE EXPOSITION EST SUSPENDUE


"Déjà une recension dans Rif-Raf !"

Après un premier EP publié sur le label saint-gillois I-SEL/P en 2016, précédé de plusieurs CD autoproduits (dont on aura noté le soin porté aux "artworks") ainsi que des participations à des compilations sur des labels étrangers, le natif d’Etterbeek nous revient, en cette fin d’hiver 2020 avec un premier LP qui sent bon l’exercice de maturité, comme disent nos amis suisses quand il s’agit de passer un cap scolaire. Il y a même une Commission Suisse de Maturité, c’est vous dire, Commission devant laquelle on tremblerait de passer, ainsi qu’on frémit en Wallonie quand il s’agit de faire une demande de subsides pour les musiques dites non classiques.

Quand

20 février 2020 to 29 mars 2020

  • Galerie
Yoann Van Parys

 

Parti s’isoler en Italie pour enregistrer diverses voix et instruments à cordes dans des studios tenus par quelques-uns de ses amis, à Venise, à Arezzo auprès d’Alessandro Fiori à propos de qui il ne tarit pas d’éloges en interview (voir à ce propos l’entretien accordé au magazine de PointCulture), à Catane (Colapesce) ainsi qu’à Ivrea (Marco Jacopo Bianchi, de Cosmo) et en Ligurie, Yoann Van Parys nous livre une plaque toute frémissante, au titre primesautier : La clé des champs.

Prendre la clé des champs, c’est-à-dire foutre le camp, ou plutôt s’évader, filer en douce, sans esclandre, en faisant croire qu’on est ici alors qu’on est déjà là-bas, ou en étant revenu tout en entretenant le songe, voire le mythe de l’ailleurs : il y a en effet dans la musique de notre musicien belge, et je dirais même plus de notre musicien wallon (du Brabant wallon, pas de Liège pour une fois, il y en a un peu marre du rock garage), quelque chose qui s’égrène, qui bruisse, qui se déploie dans les échos lointains et nocturnes du monde urbain. Et cela est augmenté d’une ambiance aquatique, atmosphère de fin du monde aidant. C’est en effet une nappe sonore faite de cliquetis de fer qu’on entend sur le titre Toboggan, comme si la bataille d’Ucello avait été transférée Rue Belliard, ou comme si Auderghem s’était retrouvé recouverte par une quantité considérable d’eau pour atteindre après douze siècles d’immersion le statut enviable de ville d’Ys.

Yoann Van Parys, "Toboggan", 2017, (11,5 x 50 cm) & (28,7 x 43,5 cm) sur 55 x 4 x 3 cm
Yoann Van Parys, "Toboggan", 2017, (11,5 x 50 cm) & (28,7 x 43,5 cm) sur 55 x 4 x 3 cm | Courtesy : LMNO

Et ce sont d’autres particules fines qui sont projetées dans le champ sonore, donnant au son cet aspect granuleux si particulier qui distord les voix sur L’invisible lait bleu. La coloration principale de ce disque ne se livrant pas à la première écoute, mais accrochant néanmoins le tympan et ne cessant de s’imposer aux oreilles attentives et exigeantes qui sont celles que portent nos lecteurs (et nous pensons aussi aux lecteurs spécialisés que sont les critiques et journalistes, collègues dont nous nous réjouissons de lire les interprétations : Allez les filles, allez les gars !) est à chercher du côté d’une mélancolie teintée d’une énergie du (dés)espoir.

Il faudrait y ajouter de purs moments contemplatifs et extatiques, en particulier dans les morceaux où il est fait usage de la pédale Wah-wah. Où l’on aurait tôt fait d’entendre des hymnes ou autres chants guerriers d’effet diablement galvanisant, transférant à l’auditeur une sourde envie de révolte, à commencer par une révolte contre la Commission de Maturité des musiques dites non classiques pour le scandaleux abandon dans lequel sont laissés les troubadours wallons, mais c’est une autre histoire… Et ce serait réduire de trop le spectre, dès lors qu’il est plutôt question ici d’une révolte contre les structures, qu’elles soient urbanistiques, cimentées dans le béton pourrait-on dire ironiquement, ou sociales.

Au point de vue des arrangements, on remarquera qu’il y a dans de nombreux morceaux un travail de la marge, quelque chose qui se (ré)organise dans la marge. Un peu comme si le salut était à trouver autour de la guitare et donc du feu de camp (les pointes de pop music, la tendresse ironiquement ingénue de l’ultime morceau de l’album qu’est La cascade).

Mélange de folk et de musique électronique, ce très beau disque devrait être en mesure de séduire les fans de Notwist ou de Sufjan Stevens (nous épargnerons pour une fois notre natif d’Etterbeek de comparaisons avec des pairs belges, que seraient Sharko ou Dead Man Ray).

Je peux déjà vous annoncer qu’il figurera en bonne place dans ma liste des meilleurs albums de 2020. Mais je ne me fais hélas pas trop d’illusions quant à son succès commercial. Je connais les égarements des oreilles de ceux qui ne nous lisent pas, ou ne nous entendent pas ou ne regardent pas ce qu’on montre. Il est vrai qu’en temps que musicien belge, wallon de surcroît, c’est une prouesse de nos jours de passer sur Radio Contact, ou même PureFM. Il est vrai aussi que Roméo Elvis, Stromae ou Angèle (surtout pour les textes) ne sont pas faciles à battre dans les charts. Yoann Van Parys sera en concert à l’Orangerie pour un concert intimiste. Deux places sont à gagner auprès de notre journal. Pour cela il suffit d’envoyer à la rédaction une petite carte postale qui nous explique quels champs vous comptez ouvrir avec votre clé (dont on vous souhaite qu’elle ait une forme agréablement ouvragée).  

 

Louis Annecourt

 

Jeudi
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