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Exposition

SEBASTIEN BONIN - DOCUMENTI

Jeudi
20
fév 2020
Dimanche
19
avr 2020
  • Museum

CETTE EXPOSITION EST SUSPENDUE JUSQU'AU 3 AVRIL 2020 INCLUS

L’exposition "DOCUMENTI" propose une sélection d’œuvres des deux dernières années de production de Sébastien Bonin. Ses peintures constitueront la majorité des œuvres exposées en dialogue avec ses photogrammes abstraits. Les connaisseurs de l’Histoire de la Peinture s’en donneront à cœur joie car son œuvre est empreinte de petites histoires du monde de l’art et de l’aura de grands Maîtres.

Quand

20 février 2020 to 19 avril 2020

  • Museum
Copyright Sébastien Bonin | Courtesy Michel Rein
[...] Sébastien Bonin n’en a cure des soi-disant règles de la peinture. Désintéressé de la poursuite d’originalité à tout prix, il puise sans complexes et en pleine conscience dans l’histoire de l’art et la Culture.
Charlotte Friling

Diplômé de La Cambre, Sébastien Bonin est né en 1977 à Bruxelles, où il vit et travaille. Nous avons précédemment pu découvrir son travail à la galerie CLEARING (2013), chez Island (2012-2014-2019), à BOZAR dans l’exposition The Belgian Six (2014), au Wiels dans UN-SCENE III (2015), au Musée d’Ixelles (2017), chez Michel Rein à Bruxelles en 2019.

Il exerce en tant que plasticien photographe et peintre.

Une des caractéristiques générales de son travail concerne le processus de création. Artisan de la photographie, il a toujours construit manuellement ses images, sans prises de vue. Par la récupération d’images iconiques, la déstructuration, ou la recomposition de celles-ci, Sébastien Bonin triture l’Histoire de l’Art, s’en inspire, la questionne et, sans prétention, la fait avancer.

En 2012, pour produire des images non figuratives, il expérimente la technique du photogramme, considérée comme l’ancêtre de la photographie. Jouant avec des filtres généralement employés au cinéma ou au théâtre, l’artiste crée des compositions de couleurs vives. Les variations sont infinies, uniques et rapprochent alors le travail du photographe de celui du peintre. L’artiste peint littéralement avec la lumière. La référence picturale est importante pour Sébastien Bonin qui n’hésite pas à puiser son inspiration dans le Color Field Painting. Il libère la couleur de sa fonction figurative pour devenir le sujet même de la photographie. Certains photogrammes rappellent d’ailleurs les champs colorés et vibrants de Mark Rothko.

L’année 2015 marque un tournant dans la production de Sébastien Bonin : une direction prise et assumée vers la peinture, pour être superbement révélée par l’exposition « Nychtéméral » chez Michel Rein en janvier 2019.

Face aux toiles de Sébastien Bonin, un sentiment nous frappe, une familiarité avec l’image peinte. De petits paysages à l’huile ou des éléments de Natures Mortes partitionnent les toiles. Tels des veduta sorties tout droit de la Renaissance, ces ouvertures dans la composition générale, invitent à un autre monde, une idée, une énigme, permettent la fuite de la pensée.

BONIN_Reclining Head of Julia, 2018. Copyright Sébastien Bonin. Courtesy Michel Rein
BONIN_Reclining Head of Julia, 2018. Copyright Sébastien Bonin. Courtesy Michel Rein

Les sources picturales de Bonin se concentrent sur les 19ème et 20ème siècles. Il décortique les ouvrages d’art pour en extraire des détails et supprime du contenu toute référence humaine. Avec son geste expressif, à l’empattement assumé, pour certaines compositions, l’artiste reproduit ces sujets, sur de petits ou grands formats. Il brouille également l’approche de ses toiles par l’apposition de titres « pêchés » et inter-changés dans ces mêmes ouvrages d’art. Aussi, les petits paysages ou Natures Mortes se détachent et rythment les grandes toiles préparées au Gesso. Certaines compositions reprennent la mise en page d’une affiche d’exposition ou même d’une couverture de livres d’art très connus. Ce jeu de « titres » nous rappelle l’humour surréaliste d’un Magritte, chez qui les mots se jouent de l’image, la taclent dans son contenu propre.

« Cette peinture de Sébastien Bonin ne s’accomplit pas dans la recherche de la nouveauté pour elle-même qui n’a pas vraiment de sens. Elle se réalise plutôt comme un hommage à la peinture à laquelle elle entend apporter sa propre contribution, consciente d’un très riche héritage qui lui permet de rebondir vers de nouvelles propositions « (Claude Lorent, La Libre Belgique, Arts Libre, 16 Janvier 2019).

Ayant parlé de ses références il est évident que l’œuvre est également emprunte des mythologies propres à l’artiste et de son histoire. Sa rencontre avec la peinture, ses critiques et visions à l’égard de celle-ci, en font un langage vernaculaire énigmatique.

Copyright Jean-Baptiste Friquet